
Tidjane Thiam n’est visiblement pas un adepte de la politique de la chaise vide. Malgré sa position ferme contre le régime actuel qu’il qualifie d’illégal, le président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) a clairement affiché sa volonté de participer aux élections législatives prévues pour le 27 décembre 2025.
« Je vous demande à toutes et à tous de vous mobiliser pour les élections législatives. Nous avons toutes nos chances si nous arrivons à empêcher fraudes et tricheries… », a déclaré l’ancien directeur général du Crédit Suisse, lors d’une rencontre avec ses partisans.
Cette annonce marque un tournant stratégique pour le plus vieux parti politique du pays, qui entend bien reconquérir le terrain politique après plusieurs années de turbulences internes et d’alliances fluctuantes. En décidant de s’engager pleinement dans cette échéance électorale, Tidjane Thiam montre qu’il voit au-delà du scrutin de décembre : il prépare déjà la présidentielle de 2030.

Cependant, cette posture ne fait pas l’unanimité au sein de l’opposition. Plusieurs acteurs politiques estiment que le PDCI-RDA, en participant à ces législatives, légitime indirectement un pouvoir qu’il conteste pourtant. Certains parlent même de « trahison » envers l’opposition unie, qui prônait jusque-là une attitude de fermeté face au régime en place.
Mais pour Tidjane Thiam, le véritable combat se joue dans les urnes. Le leader du PDCI semble convaincu que la reconstruction de l’alternance démocratique passe par la présence active de son parti sur le terrain électoral. À travers cette stratégie, il cherche à repositionner le PDCI comme une force politique incontournable, capable de peser dans les grandes décisions à venir.