Dans l’Administration Publique, il n’est pas rare de retrouver des parents ou des proches occupant différentes fonctions sans que cela ne heurte l’opinion publique. Le véritable débat devrait donc être recentré sur l’exercice d’une fonction politique majeure, notamment celle de Président de la République.
Comme le disent certains artistes de notre pays : « le poste de Président de la République, c’est un fauteuil et non un… banc ».
L’accès à la fonction présidentielle passe impérativement par un scrutin démocratique au cours duquel le peuple est souverain.
Dès lors, le débat devrait porter sur le mérite du candidat, sur ses actions concrètes et visibles, ainsi que sur sa capacité à améliorer les conditions de vie des citoyens, plutôt que sur des considérations familiales et périphériques qui ne répondent pas aux préoccupations quotidiennes des populations.
Sous d’autres cieux où la démocratie est pratiquée depuis des décennies, plusieurs exemples illustrent cette réalité.
En France, sous la présidence de François Mitterrand, son fils Jean-Christophe alias
» Papamadi » travaillait à l’Élysée et jouait un rôle important dans les relations avec certains chefs d’État africains( 1986-1992).
Le président Jacques Chirac, quant à lui, a confié la Direction de sa Communication à sa fille, sans que cela ne suscite un débat majeur dans l’opinion publique française. L’essentiel demeurait le résultat attendu de l’exercice de la fonction publique, indépendamment des liens familiaux.
Aux États-Unis, un père et son fils ont occupé successivement la Maison-Blanche sans que l’opinion publique n’en fasse une controverse majeure.
Le rejet d’un patronyme ne doit pas conduire à l’exclusion ou à la perte d’une compétence dans la gestion des affaires publiques. On devient chef de l’État par les urnes, et non par héritage, contrairement aux monarchies où la succession obéit aux us et coutumes.
Toujours aux États-Unis, l’ancien Président Bill Clinton a vu son épouse se porter candidate à l’élection présidentielle.
Dans les sociétés où le débat d’idées est le plus important , le fait que plusieurs membres d’une même famille occupent des fonctions importantes ne constitue pas un obstacle, tant que la légitimité populaire est respectée.
En Afrique, notamment au Gabon et au Togo, après le décès des Présidents en exercice, leurs fils ont accédé au pouvoir à la suite de scrutins au cours desquels les citoyens ont librement exprimé leur choix.
Au Sénégal, pays où la démocratie est solidement ancrée, l’ancien Président Abdoulaye Wade a gouverné avec son fils, Karim WADE souvent surnommé « le super ministre ».
Aujourd’hui, ce dernier est à la tête du Parti Démocratique Sénégalais (PDS).
Des exemples similaires existent dans de nombreux pays, qu’ils soient démocratiques ou non.
Dans le monde des affaires, plusieurs chefs d’entreprise travaillent avec leurs enfants afin de les initier à la gestion et d’assurer la relève.
En Côte d’Ivoire, on peut citer des figures comme Jean-Louis Billon ou Jeanine Diagou. Si l’héritage familial ne pose pas problème dans le secteur privé, pourquoi devrait-il en être autrement en politique, alors que le peuple reste le seul arbitre ?
Aujourd’hui, il est plus pertinent d’examiner les projets de société des différents candidats à la présidence de la République.
Si le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique invite les étudiants à rentrer au pays pour contribuer à son développement après les sacrifices consentis par les contribuables, il serait paradoxal d’exclure certains citoyens de la gestion publique au seul motif d’un lien de parenté.
Le père- fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët-Boigny, disait : « C’est au pied du mur qu’on reconnaît le vrai maçon »
C’est à l’aune du parcours professionnel et politique d’un individu que l’on peut apprécier son aptitude à exercer une fonction publique.
En démocratie, l’accès aux fonctions politiques repose sur le vote, expression suprême de la volonté populaire.
À la fin de la présidence du président Barack Obama, l’opinion publique américaine estimait que, sans limitation de mandats, il aurait pu rester à la Maison-Blanche. Son aura et son influence, ainsi que le travail remarquable réalisé durant son mandat, ont eu un impact significatif sur le quotidien des citoyens américains et sur le leadership politique des États-Unis au plan international.
Article écrit Par Adou Evariste Journaliste et Analyste Politique
