
Lors de sa prestation de serment, le Président Alassane OUATTARA a affirmé que son mandat s’inscrivait dans une logique de transmission générationnelle, en prélude à l’élection présidentielle de 2030.
Cette déclaration a ravivé les ambitions au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), où plusieurs figures de premier plan se positionnent déjà.
Selon des sources concordantes, trois hauts cadres du parti se distinguent dans la course à la succession,
Téné Birahima OUATTARA, actuel Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense,
Adama BICTOGO ex Président de l’Assemblée Nationale et Patrick Jérôme ACHI, actuel Président de l’Assemblée Nationale.
Tous disposent d’une solide expérience politique, d’un leadership reconnu et d’un important réseau d’influence acquis aux côtés du président Alassane OUATTARA depuis l’accession du RHDP au pouvoir en 2011.
Parmi ces prétendants, Téné Birahima OUATTARA actuel Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense, apparaît comme le favori. Toutefois, l’organisation de primaires internes s’imposerait comme un passage nécessaire afin de garantir la légitimité du candidat et de préserver l’unité du parti.
Une telle démarche permettrait également de renforcer l’adhésion de la base militante.
L’échéance de 2030 s’annonce comme un tournant majeur pour la vie politique ivoirienne.
La promotion d’une nouvelle génération de dirigeants est d’autant plus pertinente que la majorité de l’électorat est âgée de moins de 35 ans.
Cette transition pourrait ouvrir la voie à de nouvelles idées et à un renouvellement du leadership politique.
Si Téné Birahima OUATTARA venait à être investi candidat du RHDP, il lui faudrait néanmoins convaincre au-delà de son cercle naturel.
Sa proximité familiale avec le Président de la République ne saurait suffire, il devra démontrer sa capacité à apporter des réponses concrètes aux défis économiques, sociaux et sécuritaires du pays.
Le choix du candidat, notamment celui de Téné Birahima OUATTARA, devra impérativement rassembler toutes les sensibilités du RHDP.
Le chef de l’État devra ainsi éviter toute stratégie d’imposition susceptible de fragiliser la cohésion interne.
Dans cette perspective, un ticket Téné Birahima OUATTARA – Patrick Jérôme ACHI pourrait constituer un compromis équilibré, tant sur le plan géopolitique, entre le Nord et le Sud, que sur le plan politique, en associant un leader issu du RDR à un autre provenant du PDCI-RDA, de nature à rassurer les cadres historiques du parti.
Par ailleurs, bien que la société ivoirienne ne semble pas encore prête à porter une femme à la tête de l’État, une personnalité d’expérience telle que Kandia KAMARA, actuel Présidente du Senat pourrait jouer un rôle déterminant.
Sa connaissance du terrain politique et sa forte capacité de mobilisation, notamment auprès des femmes, en font un atout stratégique majeur pour toute candidature du RHDP.
Le maintien du parti au pouvoir dépendra avant tout de sa capacité à préserver son unité.
Un candidat désigné sans l’adhésion de la base militante risquerait d’affaiblir la dynamique du RHDP.
Comme le dit l’adage,
« On ne devient pas capitaine sans l’adhésion de son équipage. »
Être Président de la République, c’est gouverner pour tous,
le plus populaire,
le plus aimé de la base,
le plus sérieux,
le plus discret.
La Côte d’Ivoire aspire à un développement durable et démocratique à la hauteur de son potentiel.
En cas de victoire de Téné Birahima OUATTARA à l’élection présidentielle d’octobre 2030, celui-ci pourrait s’appuyer sur l’héritage politique et le réseau d’influence du Président Alassane OUATTARA pour conduire le pays vers cette ambition.
Par Adou Evariste Analyste Politique