Suite à une mutation opérée en 2000, l’Organe Présidentielle de Médiation (OPREM) est devenu une Institution indépendante dénommée le Médiateur de la République. Retour sur les origines, les missions et l’impact de cette autorité administrative au cœur du vivre-ensemble ivoirien.Nommé par l’ancien Président Henri Konan BEDIE, le Grand Médiateur de la République, M. Vangah Mathieu Ekra, fut chargé de poser les bases d’un organe chargé de renforcer la bonne gouvernance administrative et de préserver la paix sociale en Côte d’Ivoire.
Pour accomplir cette mission, il mit en place diverses directions et initia une série de visites dans les pays membres de l’UEMOA et de la francophonie, afin de s’inspirer des Institutions similaires.
Dans cet espace communautaire, l’entité chargée de la cohésion sociale est appelée « Médiateur de la République », une autorité dont l’indépendance garantit l’efficacité.En décembre 1999, un coup d’État militaire vient bouleverser l’ordre institutionnel. Lors des travaux de rédaction de la nouvelle Constitution de 2000, présidés par M. Ekra lui-même, l’Institution le Médiateur de la République est officiellement consacrée par la loi n°2000-513 du 1er août 2000 portant Constitution de la 2ème République, avec un statut d’autorité administrative indépendante, investie d’une mission de service public, celle de régler les différends entre Administration et administrés et de contribuer au renforcement de la cohésion sociale.
C’est une Institution enracinée dans le droit et dans la société.Le Médiateur de la République est aujourd’hui membre de l’Association des Médiateurs des Pays membres de l’UEMOA (AMP-UEMOA) et de l’Association des Ombudsmans et Médiateurs Africains (AOMA).
Les pays francophones sont réunis au sein de l’Association des Ombudsmans et Médiateurs de la Francophonie (AOMF).Il convient de relever que dans les pays anglophones, on parle d’Ombudsman, un terme emprunté à la langue suédoise.
Le Médiateur de la République se découvre donc sous diverses appellations à travers le monde. Ainsi, au Canada, on parle de Protecteur du citoyen. Il s’agit dans tous les cas de la même mission, celle de défendre les droits des citoyens face aux abus, aux omissions ou aux lenteurs administratives.
Depuis sa création, l’Institution de médiation ivoirienne multiplie les actions de proximité pour vulgariser ses missions, promouvoir la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.Elle règle gratuitement les litiges à caractère administratif entre les usagers et les Administrations publiques, à travers une médiation institutionnelle fondée sur l’écoute, la neutralité et la recherche de solutions amiables.
La loi permet également au Médiateur de la République de se saisir d’office de toutes situations entrant dans le champ de sa mission.Des avancées légales et des résultats concretsDepuis 2023, l’Institution a été dotée d’un instrument d’injonction, qui renforce son pouvoir d’action.S’agissant de la procédure de médiation, il y a lieu de relever que lorsqu’un citoyen saisit le Médiateur de la République, la requête est instruite si elle est recevable. L’Administration concernée reçoit alors une demande d’avis à laquelle une réponse doit être apportée dans un délai fixe.
Certaines structures répondent rapidement, d’autres tardent, ralentissant ainsi le processus. Pour pallier cette situation, des points focaux ont été désignés au sein de plusieurs administrations afin de faciliter la communication.
De nombreux usagers témoignent aujourd’hui avoir obtenu gain de cause grâce à l’intervention du Médiateur de la République, sans frais déboursé.Il est toutefois important de rappeler que la saisine du Médiateur de la République est incompatible avec celle des juridictions. Une affaire portée devant la justice ne peut plus faire l’objet d’une médiation institutionnelle.
Une Institution en phase avec les citoyensÀ travers des actions de communication régulières, le Médiateur de la République cherche à mieux faire connaître ses missions.
Des rencontres ou audiences foraines, sont organisées dans différentes régions du pays pour répondre directement aux préoccupations des populations et renforcer leur confiance dans les Institutions républicaines.Le Médiateur de la République s’impose ainsi comme un acteur essentiel de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance et de la paix en Côte d’Ivoire, offrant ainsi une alternative crédible, pacifique et gratuite aux conflits administratifs et sociaux.Notons que depuis le 10 mars 2026, l’Institution nationale de médiation a un nouveau Président, Monsieur Gaoussou TOURE nommé Médiateur de la République pour un mandat de six (6) ans non renouvelable. Il devient le 4ème Médiateur de la République depuis la création de l’Organe national de médiation.
Ange DJENI Journaliste et Analyste Politique
